Interview: Céline stagiaire chez FH Burundi

1. Cela fait 3 mois que vous êtes au Burundi, comment se passe votre stage ?

Tout se passe très bien depuis mon arrivée au Burundi. J’ai été très chaleureusement accueillie par les équipes de FH Burundi qui mettent tout en œuvre pour que mon séjour se passe au mieux.

Le premier mois a été riche en informations, rencontres et découvertes. J’ai passé la première semaine dans les bureaux de FH à Bujumbura, afin de rencontrer l’équipe de direction. Puis, j’ai suivi les équipes sur le terrain (en province de Kayanza et Ngozi) afin de rencontrer les partenaires du projet et me plonger dans le projet PACNOB.

J’ai ensuite réfléchi avec Jean, mon responsable pour FH Burundi, à la planification optimale de mon stage, en fonction des priorités. François, mon responsable pour FH Suisse, en mission courte au Burundi, m’a également apporté sa réflexion et m’a aidé à redéfinir les enjeux actuels du projet.

Actuellement, j’analyse le processus de « formation en cascade ». Celle-ci consiste en la formation des « leaders » sur les bonnes pratiques agricoles, puis la transmission aux « disciples ». Ce processus ne fonctionne pas de manière optimale, il s’agit donc d’en identifier les causes et de proposer des pistes pour l’améliorer.

2. Vous allez rester 9 mois au Burundi. En quoi consiste votre stage au sein de FH, quels en sont les buts ?

Je suis ici dans le cadre du Projet d’Appui aux Caféiculteurs du Nord du Burundi (PACNOB). Ce projet, prévu pour une durée de 3 ans, est à mi-parcours et fait face à certaines difficultés de mise en œuvre. J’apporte mon soutien à l’équipe de FH Burundi, afin de trouver ensemble de nouvelles stratégies pour atteindre les objectifs.

Ma mission est très variée, j’interviens à différents niveaux :

- l’encadrement général (création d’un outil de suivi-évaluation, analyse critique du processus de privatisation de la filière café et réalisation de rapports trimestriels) ;

- l’encadrement stratégique (suivi de la politique agricole, renforcement des partenariats et participation à l’évaluation mi-parcours) ;

- l’appui direct aux caféiculteurs (suivi de la campagne café, analyse du fonctionnement des coopératives et des mini-stations de lavage, évaluation du processus de formation en cascade et analyse des possibilités de certification du café) ;

- l’appui au financement de la filière café (identification et démarche auprès des bailleurs potentiels, analyse des possibilités de préfinancement de la campagne café et de financement des investissements sur le long terme) ;

- la communication (réalisation d’un témoignage « Paroles aux femmes » et échanges avec FH Suisse pour le suivi de ma mission).

3. Quels défis rencontrez-vous ?

La barrière linguistique est un grand défi : à Bujumbura, il est facile de se faire comprendre en français ; mais à l’intérieur du pays, beaucoup de gens parlent uniquement kirundi. Lors de mes visites de terrain, mes collègues me traduisent les discussions, mais je perds inévitablement de l’information. J’envisage de prendre des cours mais je ne maîtriserai pas la langue au terme de ces 9 mois ici.

Vivre et travailler dans un contexte africain représente aussi un défi : j’apprends beaucoup sur moi et les autres, mais je me retrouve aussi parfois dans des situations délicates à gérer.

Le contexte actuel du projet constitue un défi, puisque j’arrive au milieu du projet, dans une phase de réorientation et de redynamisation des activités.

Au niveau logistique, les déplacements ne sont pas faciles. A Bujumbura, il est vivement déconseillé de se balader à pied une fois la nuit tombée, il faut donc trouver des alternatives. Pour les déplacements à l’intérieur du pays, j’utilise parfois les transports publics qui sont à la recherche constante d’une meilleure rentabilité : rouler toujours plus vite et transporter toujours plus de monde et de denrées. Les déplacements sur le terrain (avec les véhicules de FH) prennent beaucoup de temps, puisque certaines communes sont situées à près de deux heures de route sur piste depuis Kayanza.

4. Quelque chose qui vous a particulièrement touchée depuis le début de votre stage ?

La gentillesse du peuple burundais me frappe tous les jours. Leur façon timide d’aborder les gens est très touchante. Ils sont très accueillants, me souhaitent tout le temps la bienvenue et s’inquiètent beaucoup du bien-être des autres. La notoriété des blancs est aussi frappante. Les enfants crient « muzungu, muzungu » lorsqu’ils me voient (cela veut dire « blancs »), tous m’observent avec curiosité et tentent d’attirer mon attention. Certains s’osent à me toucher, d’autres fuient. Les adultes me serrent la main avec un signe de respect. Je n’ai pas l’habitude d’être autant sollicitée !

La pauvreté, la misère et la faim sont bouleversantes. Les gens vivent dans des conditions d’extrême pauvreté dont il est difficile de ne pas s’indigner. Mais c’est cela aussi qui renforce mon engagement.

5. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?

J’effectue ce stage dans le cadre de ma formation professionnelle de Coordonnateur de Projet de Solidarité Internationale et Locale (COPSIL), suivie à l’Institut de Formation et d’Appui aux Initiatives de Développement (IFAID) basé à Bordeaux. Cette formation de deux ans est composée d’une année de cours théoriques et travaux pratiques et d’une année de mise en application professionnelle.

Le parcours qui m’a amené à m’engager dans la solidarité internationale est plutôt atypique. Après quatre années d’université en géographie et développement local, j’ai passé plusieurs années en alternant voyages et petits boulots. C’est suite à un stage de deux mois à Port-au-Prince en Haïti sur un projet eau et assainissement que mon envie de travailler dans la gestion de projets de développement a été confirmée.

 

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