Comment nourrir le monde ?

Les pratiques agricoles des paysans rwandais : une source d’inspiration pour les agriculteurs du Nord ? Découvrez comment, dans ce texte de Jeannette Von Däniken, actuellement en stage à FH Rwanda.

Cette question préoccupe les hommes depuis toujours. Thomas Robert Malthus (1766-1834) est sans doute un des plus célèbres scientifiques qui a traité cette question. Selon lui, la production agricole augmentant systématiquement plus lentement que la croissance démographique, si l’on veut éviter des famines, il faut mettre en place un contrôle des naissances. La même vision est diffusée 150 ans plus tard, lors de la prise de conscience de l’explosion démographique dans les pays du Sud : les experts prévoient des famines catastrophiques.

Nous produisons suffisamment pour nourrir tout le monde

Aujourd’hui, nous produisons suffisamment de nourriture pour tout le monde sur cette terre. Et pourtant, la faim est loin d’être éradiquée, surtout dans les pays en voie de développement. Le problème n’est donc pas la performance de l’agriculture, mais plutôt la distribution ainsi que les inégalités entre les paysans des pays du Nord et du Sud (conditions de production, subventions des gouvernements au Nord, etc.). Ainsi, il faut se rendre compte, que l’agriculture industrielle n’est pas une solution convenable à la faim dans le monde. Par l’utilisation des pesticides et autres produits chimiques, elle est en outre une des causes majeures de la dégradation des terres et de la perte de la biodiversité, tout en mettant en danger la santé des hommes.

L’agro-écologie permet une gestion durable des ressources

L’agro-écologie est une approche innovante pour remédier aux problèmes actuels de l’agriculture. Sa pratique se base sur une gestion durable des ressources rares, comme l’eau et la terre et sur le respect de l’environnement et du savoir-faire traditionnel des populations locales. Et cela, tout en promouvant une agriculture performante. Au Rwanda, on peut observer plusieurs pratiques attribuées à l’agro-écologie : l’association des cultures, le paillage des cultures ainsi que la culture sur terrasses. Ces pratiques permettent de retenir plus longtemps l’eau dans le sol, de maintenir la fertilité des terres et de lutter contre l’érosion, un problème majeur du paysage rwandais.

Exemple d’association des cultures : bananiers, haricots et manioc.

Le rendement des petits paysans rwandais augmente

Le projet d’appui aux associations et coopératives agricoles mis en œuvre par FH Rwanda avec le soutien de FH Suisse encourage les paysans à l’utilisation de certaines pratiques agro-écologiques, comme par exemple l’agroforesterie, le semis sur couverture végétale et la production et l’utilisation de fumier organique. Ce projet contribue de cette manière à la lutte contre l’érosion, à la gestion responsable de l’eau ainsi qu’à la sauvegarde, voire à l’amélioration, de la fertilité des sols. Résultat : le rendement des petits paysans rwandais augmente, sans pour autant mettre en péril la biodiversité ou l’équilibre de l’environnement naturel, dont dépendent non seulement les paysans d’aujourd’hui, mais aussi les générations futures.

Rwanda : diversification des cultures sur un petit espace.

Une source d’inspiration pour « les pays développés » ?

La question qui s’impose est donc celle-ci : Les agriculteurs des pays développés pratiquant la monoculture ne devraient-ils pas s’inspirer des petits paysans rwandais ou d’autres pays en voie de développement, afin d’adopter des pratiques respectueuses envers l’environnement ? Ce faisant, ne contribueraient-ils pas à la mise en place d’une agriculture durable, capable de nourrir la population du monde entier, aujourd’hui et dans l’avenir ?

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